5000 euros d'amende
RENNES, 2 déc 2008 (AFP) - Le collectif pour une dépénalisation du délit d'outrage (Codedo) a jugé mardi "scandaleuse" la condamnation de la championne d'athlétisme Eunice Barber à 5.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Bobigny, pour refus d'obtempérer, rébellion et outrage.

"Eunice Barber est condamnée alors qu'elle est la victime de policiers racistes", a réagi auprès de l'AFP Jean-Jacques Reboux, à l'origine du collectif créé en juillet pour dénoncer la multiplication des poursuites pour outrage.

Dénonçant la violence de certains policiers, il a fait le parallèle avec l'interpellation controversée du journaliste de Libération, Vittorio de Fillipis, pour une affaire de diffamation. "On entend parler de cette affaire parce qu'Eunice Barber est connue, comme de Fillipis, mais ce genre de choses arrive tous les jours aux quatre coins du territoire", a-t-il affirmé.

"C'est peut-être le moment de lancer un débat national sur les violences policières", a-t-il dit.

M. Reboux s'est réjoui que l'athlète ait décidé de faire appel. "Il va y avoir un autre procès. On sera là le jour de son procès", a-t-il promis en exprimant le désir de la rencontrer.

Le Codedo a lancé une pétition réclamant l'abolition du délit d'outrage, qu'ils accusent notamment d'être utilisé pour masquer les violences policières.

Le site internet du collectif (http://codedo.blogspot.com) a pris la défense d'Eunice Barber, en diffusant notamment une vidéo amateur de son interpellation.

L'athlète de 34 ans conteste avoir résisté violemment à une interpellation le 18 mars 2006 près du Stade de France à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), alors qu'elle s'était engagée au volant de sa voiture dans une voie exceptionnellement interdite.

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