« Tous mes entraîneurs ont été importants. Je dois parler de Dominique Dufour qui m'a appris le 'tempo' de l'athlétisme et qui m'a orientée vers l'heptathlon ainsi que de Bryan Conton qui me suivait aussi en Sierra Leone. Ensuite j'ai travaillé avec Willy Van Cleempute, puis Henry Elliott, avant de m'orienter vers Claude Monot avant les J.O. d'Atlanta. Quand ce dernier a été muté à Nice il m'a conseillé de rejoindre François Pépin à Paris. C'est avec lui que je suis devenue championne du monde en 1999 et notre collaboration s'est arrêtée début septembre. C'est encore Claude Monot qui est venu à mon secours pour s'occuper de moi à Sydney. Désormais, je travaille avec Bob Kersee, spécialiste de l’heptathlon. Je ne me sépare jamais de mes entraîneurs à cause de problèmes, c'est juste que j'ai toujours besoin d'apprendre au contact de nouvelles personnes. Je retourne d'ailleurs souvent auprès de mes anciens entraîneurs pour des stages spécifiques et ponctuels. Tout le monde le sait et tout se passe très bien, tout cela se fait en accord avec les entraîneurs, en fonction de mon programme".
Dominique Dufour et Brian Conton : « Voilà mes deux véritables premiers entraîneurs. C’est avec eux que j’ai réellement appris à m’entraîner sérieusement. Ils m’ont appris les bases et la rigueur nécessaires à une athlète de haut niveau. Endurance, puissance, technique, c’est avec eux que j’ai commencé à travailler tout les points essentiels de mon sport. Etant donné mes capacités, Dominique m’a orienté vers l’heptathlon. C’est vraiment avec eux que j’ai appris le fonctionnement du sport de haut niveau. »
Willy Van Clemputte : « Avec lui, j’ai beaucoup insisté sur le plan technique. Il faisait parti du club de Reims et c’est comme cela que je l’ai rencontré. Il s’agit d’un spécialiste des haies et on a beaucoup travaillé sur ce point. Sur le saut en longueur, j’ai aussi beaucoup progressé à ses côtés. »
Henry Elliot : « Notre travail a beaucoup porté sur la musculation. Deux fois par semaine, je faisais des séances assez lourdes pour améliorer mon physique et améliorer ma puissance. De plus il s’agit d’un spécialiste de saut en hauteur et j’ai pu progresser dans ce sport »
Claude Monot : « Il s’agit d’un spécialiste d’épreuves combinées. C’est quelqu’un de très différent par rapport à mes entraîneurs précédents. Claude est très posé, très calme. Au départ, j’ai pensé que je n’aurai pas la motivation nécessaire pour travailler avec ce type d’entraîneur. Mais au contraire, tout s’est très bien passé, je l’ai beaucoup écouté et notre collaboration m’a beaucoup apporté en technique. J’ai aussi appris à travailler dans la sérénité. Quand je reviens en France, je ne manque pas de venir le voir pour continuer à recevoir ses conseils et à travailler quelques points. »
François Pépin : « François est une personnalité très différente de Claude. C’est un spécialiste des sprints qui m’a aidé à progresser sur la technique des haies. Au même moment, j’ai travaillé avec Thierry Blanco, spécialiste de la hauteur et Sebastien Levicq, spécialise du décathlon. Tout au long de ma carrière, j’ai opté pour la complémentarité des entraînements afin de ne pas tomber dans une certaine routine. J’ai besoin de changements pour progresser continuellement. »
Bob Kersee : « Avec lui, j’effectue un travail sur la globalité. On aborde tous les aspects de l’heptathlon (Bob et le mari de Jackie Joyner-Kersee, qui détient le record mondial de l’heptathlon). Mais il m’apprend aussi à gérer toute la partie extra-sportive : le repos, les soins, la préparation de l’événement. On travail sur l’esprit, sur la façon d’aborder le sport. Je suis très contente de m’entraîner avec lui même si je garde contact avec Claude Monot, ce qui me permet de conserver un certain équilibre. Bob n’a plus ses preuves à faire et je bénéficierai aussi de l’expérience irremplaçable qui est celle de Jacky Joyner Kersee. J’en ai parlé avec elle. Elle adhèrait au projet et semblait très intéressée de m’apporter ses conseils. Je n’ai pas oublié la pression que j’ai subie lors de la deuxième journée de mon heptathlon à Séville et je pense qu’une telle aide me sera précieuse.Néanmoins, le fait de traverser l’Atlantique ne m’enlève aucune de mes responsabilités envers l’équipe de France ni aucun de mes devoirs envers la Fédération. »
Ce qu’ils pensent d’Eunice
Claude Monot : « Eunice a de grosses qualités physiques, je crois que c’est évident pour tout le monde. C’est quelqu’un de très honnête, de très droit. Ce sont des qualités importantes. Elle est aussi très franche, ce qui peut parfois poser quelques problèmes. J’ai commencé à travailler avec elle lors des Jeux Olympiques d’Atlanta. A cette époque, Eunice concourrait sous les couleurs Sierre Leonaises. Mais comme elle n’avait pas d’entraîneur sur place et qu’elle s’entraînait à Reims, on m’a demandé de la prendre en charge, ce que j’a i fait avec plaisir. A notre retour d’Amérique, on a discuté quelques temps et on a décidé de travailler ensemble. En 1997, ce fut une année assez difficile avec des douleurs aux dos et aux bassins qui revenaient régulièrement. Mais en 1998, avec du travail, elle a retrouvé tout ses moyens. A la fin de cette année, je suis parti dans le Sud à Nice. Elle m’a dit qu’elle travaillait avec François Pépin à l’INSEP qui a des techniques d’entraînements assez similaires aux miennes, et je n’ai donc vu aucun problème pour qu’elle s’entraîne avec lui. A la suite de sa séparation avec François, je l’ai « récupérée » à Sydney. A la suite de ces Jeux Olympiques, elle était un peu déprimé. Elle avait besoin de changé d’air, de trouver des nouveaux horizons. Elle envisageait même d’arrêter l’athlétisme. C’est là qu’elle m’a fait part de sa volonté de rejoindre les Etats-Unis. Je pense à avoir été l’un des premiers à le savoir. Comme elle avait besoin de changement et que je ne voulais surtout pas qu’elle arrête, j’ai pensé que c’était la meilleure solution pour elle. »
Bob Kersee : "Je vais enfin pouvoir donner des conseils à Eunice alors que je ne pouvais pas quand Jackie était encore en activité ! En fait, depuis 1996, Jackie voyait en Eunice une future très grande de l’heptathlon. Ca va donc être un grand plaisir pour moi de retrouver les épreuves combinées de haut-niveau, surtout avec une athlète comme elle. Mon premier but sera d'apprendre à Barber, de lui enseigner comment un entraînement d'heptathlon doit être mené, de mon point de vue. Quelle doit être son intensité, sa diversité et comment faire pour éviter les blessures. Ensemble, nous allons étudier tout ça. Je sais qu'elle a des faiblesses au poids. Elle doit faire beaucoup mieux que ses résultats actuels dans cette discipline. Ensuite, nous travaillerons plus particulièrement le 100 m haies et les sauts (longueur, hauteur), épreuves déterminantes de l'heptathlon. Et puis le javelot, où, je crois, elle possède une bonne marge de progression. »