Biographie de Eunice Barber

Mon enfance…

Je suis née le 17 novembre 1974 à Freetown, sous le signe du scorpion. Je suis la deuxième fille de mes parents, mais j’ai des demi-frères et demi-sœurs du côté de mon papa. J’ai grandi avec Margret ma maman (secrétaire du stade de Freetown) et Emilia ma sœur.

C’est ma mère qui nous a principalement élevée. Elle nous a donné toutes les bases et les valeurs de la vie. Mon père, un homme très strict, m’a enseigné la rigueur et le respect. Très absent, il m’a manqué au quotidien. Je suis très proche d’Emilia ma grande sœur. On a grandi ensemble et on a seulement 2 ans d’écart. Elle a toujours été une sorte de sécurité, quelqu’un sur qui je peux compter et à qui je peux complètement me livrer.

Elle vit à Londres et s’occupe de ses 3 enfants que j’adore. J’essaye de leur assurer tout ce qu’on n’a pas eu, tout en rectifiant les erreurs qu’ont faites nos parents avec nous. J’essaye aussi de leur inculquer le respect et la volonté de se battre pour avancer dans la vie, en ne comptant que sur soi.

Ma rencontre avec le sport…

J’ai eu la chance de grandir en Sierra Leone, un pays d’Afrique anglophone où le sport est très présent dés le plus jeune age.  À l’école, j’étais plus branchée par les activités artistiques et sportives plutôt que par les matières classiques. Quand j’avais 11 ans, on a fait un relais avec une autre école. On était dernier, mais j’ai remonté l’équipe à la troisième place. Ça m’a marqué parce que pour la première fois on me remarquait.

Vers 12 ans à l’école secondaire j’étais toute mince, alors on m’a mise dans l’équipe qui était toujours dernière. Mais j’ai passé toutes les épreuves et je l’ai faite gagner. J’ai aussi fait gagner mon école contre les autres écoles !

Après les cours (1988), je faisais partie du club de sports de l’alliance française et c’est là que Dominique Dufour m’a remarquée. C’est la première personne qui m’a fait prendre conscience de mon potentiel et de mon talent car je ne me rendais pas compte de ce que le sport représentait en Europe. Je ne connaissais même pas les J.O. !

À partir de là, il m’a entraînée avec Brian Canto. Il m’a appris la rigueur, la ponctualité, et il nous a emmené en Haute Savoie à Albertville (2 semaines). J’ai découvert la neige et le froid. Je suis passée par Paris pour la première fois, j’ai trouvé ça magnifique, mais sans m’extasier, car je n’avais aucune idée de mon futur.

Mon départ pour la France…

De retour en Afrique, Dominique a cherché un club français pour m’accueillir et m’a trouvé un stage à Pierre-Bénite près de Lyon.

Je ne parlais pas français, mais je voulais aller jusqu’au bout. Et même si j’avais un peu peur, je pensais aux paroles de ma mère qui me disait : “ Tu tentes et si ça ne va pas, tu reviens. Tu as toujours ta place à la maison ! ”.

Là-bas je me suis entraînée et j’ai passé ma première épreuve d’heptathlon où malheureusement je me suis fait une entorse. Alors je suis rentrée en pleurant (17 ans). Mais Dominique m’a donné une autre chance en me trouvant un club à Reims (1993). Il a obtenu une bourse pour que je fasse un stage et participe aux J.O. à Albertville. Raymond Villain m’a pris en charge et il a fallu que j’aille à l’école. C’était difficile de m’adapter au système français, car ça ne me laissait pas assez de temps pour m’entraîner. Je suis alors allée voir le directeur pour quitter l’école. J’ai fait le Gréta où j’apprenais la compta, l’informatique tout en gardant un maximum de temps pour le sport.

C’est à ce moment que tout s’est accéléré pour moi. J’ai demandé de l’argent à mon club et je suis allée acheter plein de livres pour apprendre le Français toute seule. J’ai beaucoup regardé la télé. Je notais tout sur des cahiers et j’ai appris le Français comme ça.

J’ai vécu dans une petite piaule au CREPS de Reims, puis dans un petit appartement dans la zup de la croix rouge avec un autre expatrié.

2 ans après moi, ma sœur et venue s’installer à Londres et qu’elle soit là m’a beaucoup aidé.

Mes débuts difficiles…

Cette période était un passage dans ma vie, difficile soit, mais surtout à cause de la langue, de la culture, et de la distance qui me séparait de chez moi. Mais j’ai la chance de savoir m’adapter et de ne pas baisser les bras.

Ma famille mettait beaucoup d’espoirs en moi et je ne voulais pas les décevoir. Je m'étais fixée des challenges personnels. J’avais la volonté, la patience et la passion.

Le plus dur était de rester en pension les week-ends, les vacances et les fêtes, et de voir les copines partir. Je ne cherchais pas à ce qu’on m’invite, mais je me sentais très seule…

En 99 je suis partie pour Paris…

La nationalité française…

En 1998 le club de Reims m’a proposé la nationalité française. L’Afrique n’était pas assez organisée et il fallait que je pense à moi. Je me suis dit que j’aurais de meilleurs moyens pour pratiquer ma discipline.

Là-bas il y avait la guerre et j’ai vraiment eu la chance de partir à temps. Mais quand je voyais les émissions c’etait terrible. J’avais peur pour ma famille et le pays. Déjà qu’on le gérait mal socialement et économiquement, avec la guerre, cela devenait encore plus dramatique.

Je savais qu’il fallait que je m’accroche ailleurs pour être positive. Il fallait que je saisisse ma chance. Tres jeune, à chaque fois que quelque chose se présentait, je réfléchissais et je ne prenais rien à la légère car je me comparais aux gens à qui on n’a jamais rien proposé.

En 1996, après les J.O. d’Atlanta, l’Amérique m’avait proposé de m’installer à Atlanta. Mais par fidélité, j’ai choisi la France. Le fait de m’accueillir depuis 5 ans, d’être bien intégrée, était très important. J’étais déjà adoptée grace au sport et les gens ont été très accueillants…

J’ai beaucoup voyagé et la France reste pour moi le plus beau pays.

En 1999 j’ai eu la nationalité française. Je m’entraînais avec Claude Monot à l’Insep.

2 mois avant d’obtenir la nationalité Française j’ai eu la Médaille d’or aux championnats du monde. C’était le bonheur…

L’année suivante je me blesse et on ne m’accepte plus !

À partir de ce moment-là, j’ai vécu la vie classique d’un athlète, avec les avions, les déplacements, les entraînements les compétitions…

Ma personnalité…

Je suis ouverte. Je n’ai pas de double personnalité, mais j’ai un monde à moi, un jardin secret, un côté plus exubérant que l’autre. Mais c’est le côté humain qui me domine. Je suis sensible, intuitive, volontaire, sociable, souriante, positive, impatiente, avec en plus un petit coté rebelle … J’aime l’affection, la sincérité, la douceur et tout ce qui touche au bonheur…

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